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Répétitif et pourri.

Répétitif et pourri

Une réponse au perfectionnisme dans l’entraînement à l’Art du Combat.

Le plus souvent nous avons l’ambition de nous entraîner de manière élégante, variée et techniquement aussi impeccable que possible.

Pour mieux expliquer ce concept, partons de l’exercice de céder. Je vais un peu l’expliquer pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore.

Différence entre exercices ouverts et exercices fermés


Un exercice ouvert va donner un cadre plus ou moins souple, mais ne va pas dire exactement ce qui doit être fait.

 

Un exercice fermé sera par exemple une application à répéter, un kata ou tao, ou dans le meilleur des cas un exercice cyclique de type ChiSao ou LatSao.

 

L’exercice de céder se trouve indéniablement dans les exercices ouverts, un des plus libres du genre.

 

Exercice : Céder

Cet exercice, issu du Systema, à mon avis est fondamental pour éduquer le corps ; une sorte d’éducation kinesthésique idéale qui va nous permettre de trouver le bon ratio entre la structure et le mouvement

Base avec rôles fixes :

Un partenaire va nous pousser et nous tirer dans toutes les directions, et notre but est de céder tout en n’altérant pas trop notre respiration et notre structure (posture). Il est bien pour commencer que le jeu soit avec des rôles fixes, c’est à dire que l’un des deux pousse et tire, et que l’autre ne soit que dans la passivité de céder.

Base avec rôles en alternance :

Nous allons faire exactement la même chose, c’est à dire de pousser et de tirer de manière à faire bouger notre partenaire d’entraînement. Simplement nous allons maintenant le faire de manière alternée, une fois nous sommes actifs et une fois nous sommes passifs.

Céder libre :

Nous allons continuer, sauf que maintenant des actions multiples ou combinées ou enchaînées sont également possibles, rendant l’exercice à la fois plus réaliste et plus complexe. Si notre partenaire n’enchaîne pas, nous continuons simplement 



Le problème du perfectionnisme

Une fois les bases de cet exercice maîtrisées, c’est à ce moment là où nous allons avoir le risque de commencer à chercher à faire trop bien. Ce perfectionnisme qui peut toucher beaucoup de pratiquants (et qui m’a moi-même empêché de progresser véritablement par moments et dans bien des domaines, y compris l'écriture de ce genre d'articles de blog ).

C’est pourquoi, souvent, plutôt que de faire des corrections verbales à mes élèves, qui sont souvent prises comme des critiques, je préfère démontrer ( et ainsi leur permettre d’utiliser leurs neurones miroirs afin de copier les réactions que j’utilise) et je leur rappelle que c’est bien et normal que dans ce type de jeux, cela soit répétitif et pourri. 

Car le but des exercices ouverts n’est pas de raffiner la technique, comme on peut le faire avec des exercices fermés, par exemple certains cycles spécifiques avec partenaire (généralement issus des sections de ChiSao du WingTsun Kungfu dans mon enseignement). Ou également avec des séquences issues des formes du WingTsun pour un travail en solo. Il est clair qu’une recherche de maîtrise et de perfection technique dans ce genre d’exercices fait beaucoup plus sens.

 

Self-défense
Self-défense par une femme, WingTsun et Systema

Mais qu’en est-t’il des exercices (jeux) ouverts ? Quel en est le but et l’essence ?

À mon sens, les exercices ouverts sont extrêmement importants, car c’est durant ceux-ci que nous allons pouvoir  : 

  1. Relier les différentes techniques entre elles.
  2. Apprendre à réagir de manière appropriée pour nous (Notre corps, âme et esprit, y compris nos préférences personnelles.) aux différentes impulsions.
  3. Libérer et ouvrir nos sens et notre attention à 360°.
  4. Bouger, respirer et nous structurer de manière efficiente quelles que soient les circonstances.

Alpha ou Bêta ? La question elle est vite répondue...

En fait c’est la faut à votre cerveau, c’est une question d’ondes cérébrales. Ce qui suit est bourré de simplifications et de généralisations, pardonnez-moi d’avance, mais cette simplification permettra d’améliorer notre manière d’apprendre et d’enseigner les Arts Martiaux.

 

Améliorer notre technique, ainsi que tout raisonnement rationnel quant à la technique va nous demander de travailler en ondes cérébrales Bêta, qui vont nous permettre de nous concentrer, d’être attentifs aux détails, etc… mais le fait même d’être en ondes Bêta va nous priver d’être détendu et d’agir spontanément et surtout cela va nous empêcher en général de relier les points dans une vision globale. Bref on ne peut pas tout avoir en même temps ! D’où l’avantage d’exercices fermés nous permettant un travail technique précis. Dans ce genre d’exercices, le morcelage et un travail ralenti est une excellente idée, au moins au début de la pratique.

 

Donc les exercices fermés doivent, en tout cas dans un premier temps être abordés en mode « bêta », qui permet la concentration et l’attention aux détails. Puis une fois la technique assimilée, il convient de passer en mode « alpha », nous permettant de gagner en fluidité et en spontanéité.

 

Pour ce qui est des exercices ouverts, il sont bien plus faciles et bénéfiques quand ils sont effectués en « mode » Alpha. En fait un des objectifs avancés des exercices ouverts est de pouvoir passer à volonté en Alpha, nous permettant ainsi d’agir de manière beaucoup plus spontanée, avec une vigilance ouverte et sans jugement sur ce qui est en train d’arriver. De vrais super- pouvoirs dans beaucoup de situations.

 

Je pense de traiter plus en profondeur de ce sujet dans un prochain article...

Orienter les exercices ouverts

Si durant votre séance d’entraînement, vous pratiquez en premier un exercice ouvert comme l’exercice de céder, vous allez principalement vous déprogrammer, apprendre à vous relaxer et à sentir les réactions les plus naturelles pour vous-mêmes. Que du bon, mais à un moment donné, cela ne suffira plus pour progresser.

Effet d’ancrage pour orienter les exercices ouverts

Nous fonctionnons un peu comme des éponges. Si juste avant de pratiquer un exercice ouvert nous pratiquons durant une certaines période (d’après mon expérience au minimum une demi-heure) d’exercices fermés, de travail technique précis ou des formes (katas ou taos), cela va fortement influencer ce que nous allons faire durant celui-ci. Dans ce cas là, nous n’allons pas nous déprogrammer, mais permettre à notre corps d’assimiler les techniques ou concepts vus durant le mode « Bêta ». D’où l’importance d’utiliser ces deux modes de manière alternée.

Merci de m’avoir lu jusqu’ici, si cet article vous a plu, merci de le partager ou de simplement me laisser un commentaire. Dites-moi en commentaire votre avis à propos des modes Alpha et Bêta et des exercices ouverts et fermés !

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