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N’ayez jamais une guerre de retard

La stratégie de la guérilla psychologique

« En général, ce qui vous empêche d’avancer, c’est le poids du passé, des attachements inutiles, la répétition de formules éculées et le souvenir d’anciennes victoires et défaites. Vous devez faire consciemment la guerre au passé et vous obliger à réagir dans le présent. Soyez impitoyable avec vous-même : pas question de répéter les mêmes méthodes. Vous devez parfois vous forcer à prendre une nouvelle direction, même si cela comporte un risque. Ce que vous perdrez en confort et en sécurité, vous le gagnerez en effet de surprise, avantage considérable pour la victoire. Battez-vous comme un maquisard, sans lignes de défense statiques ni citadelles exposées : tout doit être fluide et mobile. »

Robert Greene ( C’est moi qui met en gras certains passages).

Le poids du passé, des attachements inutiles, la répétition de formules éculées

Beaucoup d’arts martiaux / sports de combat sont basés sur le passé. Utilisation d’armes historiques, répétition inconsciente de formes / katas / Taos devenus inadaptés aux situations et techniques actuelles ou sections de ChiSao plus basées sur la mémorisation plutôt que sur l’adaptabilité et la créativité.

Tout cela va nous empêcher de réellement être présents à la situation que l’on vit. C’est ce que j’ai tout de suite apprécié dans l’approche des arts martiaux Russes (Systema), c’est cette injonction à « juste » respirer, bouger et se relaxer… Tout pour réussir à être spontané. Or si ces injonctions vont débloquer beaucoup de choses chez le pratiquant avancé, chez un débutants elles peuvent juste le rebuter et le bloquer encore plus.

 

Bien sûr, le chemin, la Voie du Combat Naturel ne commence pas par la spontanéité et la liberté complète, mais mon but est de donner à mes élèves le goût de la liberté afin qu’ils ne le perdent plus jamais !

 

 

 

 

 

« Nul Homme ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve car, la seconde fois, ce n’est plus le même fleuve et ce n’est plus le même homme. »

 

Héraclite d’éphèse

Vous devez faire consciemment la guerre au passé et vous obliger à réagir dans le présent.

Faire la guerre au passé, c’est prendre conscience de ce qu’on a appris jusqu’à maintenant et qui est lourd du passé, devenu inutile et pesant (comme certains exercices codifiés, certaines techniques ou certains enchaînements dont on ne comprends plus le sens actuellement).

Être présent, c’est être là. C’est ÊTRE dans le flux de la réalité, simplement libre et fluide. Cette liberté, cet état de « flux » est l’aboutissement de notre progression personnelle. Elle demande de connaître tout son Art (mais également tout ce qui se trouve autour, d’ou le terme « expert »),  elle demande à la fois la connaissance et l’abandon de celle-ci. Elle demande de connaître les règles, afin de mieux les enfreindre subtilement (ou non…).

Soyez impitoyable avec vous-même : pas question de répéter les mêmes méthodes.

Que ce soit pour moi-même ou mes élèves, j’essaie de toujours créer de nouveaux exercices, de nouveaux mouvements ou de créer de nouveaux ponts (pollinisation croisée, par exemple entre le WingTsun et le Systema, entre la boxe et le grappling ou entre MovNat et FightingMonkey…). Les gens se lassent vite, et les élèves pour progresser au mieux ont besoin de variété et de toujours être stimulés au-delà de leurs limites. Il existe toujours une variante ou une possibilité inexplorée ou à apprendre.

Vous devez parfois vous forcer à prendre une nouvelle direction, même si cela comporte un risque.

Depuis quand n’avez-vous pas appris quelque-chose de nouveau martialement ? Par exemple, d’intégrer les gants de boxe pour certains exercices à vraiment amélioré ma pratique et celle de mes élèves. Je ne le fais pas tout le temps, mais de temps en temps, je trouve cela vraiment enrichissant pour la pratique d’un art du combat qui se veut réaliste et adaptatif. Évidemment le fait de changer souvent de direction et de méthodes va dérouter certains élèves. C’est un des risques. Se disperser martialement est également un risque, mais la spécialisation à outrance est bien pire.

Ce que vous perdrez en confort et en sécurité, vous le gagnerez en effet de surprise, avantage considérable pour la victoire.

L’effet de surprise est la base de la stratégie de l’art du combat (tout particulièrement en self-défense). C’est comme cela que la stratégie de la guérilla psychologique fonctionne. Si l’on peut facilement me définir ou définir ma pratique, c’est mauvais signe. Dès que l’on pense que je suis un frappeur, je vais me mettre à lutter…et si on pense que je suis comme ceci…je vais devenir comme cela.

Battez-vous comme un maquisard, sans lignes de défense statiques ni citadelles exposées : tout doit être fluide et mobile

Celui qui atteint ce niveau de fluidité, de flux, s’écoule comme l’eau…et on a de la peine à comprendre comment il fonctionne. Dans notre pratique martiale, pour obtenir l’ART (flow, flux, fluidité, éveil…) il nous faut le Système (pratique organisée et délibérée).  C’est le Yin / Yang.

Un Yin, un Yang, c’est le chemin (TAO).


Le système qui rejoint l’art c’est la Voie du Combat Naturel.

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Les livre qui ont inspiré cet article :

Vous trouverez ici le premier article de notre série stratégie et arts martiaux :

 

La guerre contre soi-même

Vous trouverez ici le deuxième article de notre série stratégie et arts martiaux :

N'ayez jamais une guerre de retard, la stratégie de la guérilla psychologique.

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Commentaires: 3
  • #1

    noe (mardi, 24 avril 2018 22:52)

    c'est beau

  • #2

    Jérôme Pinard (vendredi, 27 avril 2018 08:39)

    Merci Noe pour votre commentaire !

    Au plaisir d'échanger.

    Jérôme Pinard

  • #3

    Yoan (mardi, 08 mai 2018 21:19)

    Merci